Loup
Son job ? Nouvel entrant sur le monopole de la consommation de brebis
Sa reconversion possible ? Méchant du prochain James Bond
Commençons par le commencement : le grand méchant loup n’est ni grand, ni méchant. Plutôt craintif et discret, ce prédateur était présent dans toutes les régions de France avant de se faire zigouiller jusqu’au dernier dans les années 1930.
Ses crimes ?
Avoir les mêmes goûts culinaires que nous et avoir traumatisé des générations entières au travers de ses apparitions remarquées dans les contes de notre enfance.
Perrault et Grimm ont perdu une occasion de se taire avec leur Petit Chaperon rouge... 😅
La bonne nouvelle c’est que son cousin rital a trouvé un chemin pour se faufiler dans l'Hexagone au début des années 1990.
Le loup nous offre donc ce dont nous avons tous rêvé au moins une fois dans notre vie professionnelle ou amoureuse : l’occasion de faire une deuxième première bonne impression. 🤗
Mais le retour du loup est-il vraiment une bonne nouvelle ?
En tant que grand prédateur, il participe à la régulation naturelle de l’écosystème : les ongulés sauvages (cerfs, chamois, etc.) ont davantage tendance à se disperser et donc diminuent la pression qu’ils pouvaient faire peser sur leur environnement.
Mais, même si la faune sauvage représente 90% de son alimentation, le loup raffole aussi des brebis qui, l’été, profitent du grand air pour brouter la montagne. Il a même tendance à tuer plus que nécessaire. 🐑
Pourquoi ?
Au cours de l’évolution, il a mis en place des techniques de chasse complexes afin de se nourrir d’animaux sauvages qui le fuyaient. Or le bétail a été, au fil du temps, sélectionné génétiquement par les humains pour être docile, grégaire... Bref, incapable de fuir - et pas très intelligent.
Dans cette nouvelle configuration - des proies entassées dans des enclos et ayant perdu tout réflexe face à un prédateur - le comportement des brebis attise l’instinct de chasse du loup.
C’est le serpent qui se mord la queue.
Ou plutôt le loup qui croque la brebis.
Alors dans ce contexte, on fait quoi ? 🐺
✅ On évite les débats stériles "pour ou contre le loup" : plus de 900 loups sont des descendants d’immigrés italiens, on ne va pas commencer à les reconduire à la frontière
✅ On va discuter avec les bergers lors de sa prochaine randonnée en montagne parce qu’il est toujours plus simple de donner de grandes leçons de morale quand on n’est pas confronté à la réalité du terrain
✅ On se rapproche de l'association FERUS qui cherche justement à favoriser le dialogue et à accompagner les bergers dans leur travail de protection des troupeaux
✅ On reprend confiance en notre intelligence collective et notre capacité d’adaptation : face à un nouvel entrant sur un marché, on s’adapte on innove et on essaie d’être plus malin que le concurrent, non ?
Essayons de faire de même avec le loup 😉
Photo : Pixabay